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Par quels moyens inciter les élèves à écrire et les rendre acteurs de leurs apprentissages ?

Intégré à la progression annuelle de quatrième, trois classes se sont vu proposer la rédaction d’une NOUVELLE REALISTE comme projet stimulant la maîtrise de la langue française.

Le sujet  : si la guerre n’est plus une réalité française au XXIe siècle, elle continue à faire ravage dans le reste du monde. Ses premières victimes sont des millions d’enfants : blessés, mutilés, tués, enfants-soldats n’ayant connu que la guerre.
Comme Maupassant à son époque, écris à ton tour une nouvelle réaliste pour peindre et dénoncer cette réalité en racontant l’histoire d’un enfant de ton âge, victime d’une guerre qui se déroule aujourd’hui.

Le projet avait une portée triple :
- Il avait pour enjeu d’utiliser le registre réaliste comme moyen de dénoncer une réalité horrible.
- Il s’inscrirait dans la diffusion d’un recueil de nouvelles mais nous sommes à la recherche de financement, d’éditeurs, d’imprimeurs…
Il a été, parallèlement présenté comme étant le « sujet » d’un concours littéraire. Des collégiens d’un autre établissement composeront le jury et seront invités à remettre (en mars) les résultats selon les critères définis préalablement. Les restaurants Le Roy D’Ys et Le Caribou auront la gentillesse d’offrir un déjeuner aux gagnants.

Via la pédagogie de ce projet, l’élève était invité à s’intéresser à la société qui l’entoure, à être sensible à ce qui se passe ailleurs, et à s’impliquer dans une cause. Il ne travaillait plus seulement pour avoir de bons résultats mais pour un but concret qui le valorisait et lui permettait de développer des compétences essentielles vis-à-vis de l’écriture. Par ce biais, il y allait de la structure des apprentissages précédents et du sens donné à la nécessité d’acquérir des compétences rédactionnelles. Cette écriture s’inscrivait dans la structure du socle commun de connaissances et de compétences.

Et quand on interroge les élèves sur leurs ressentis : « parfois, c’était stressant parce que vous nous obligiez à insérer une ellipse, la fois d’après c’était un retour en arrière […] au moins, je sais ce que c’est maintenant, le récit complexe… avec l’histoire du récit qui est dans le cadre et l’autre récit qui… encadre…

Vous pouvez vous procurer le recueil en cliquant ici (45 pages)


Quelques extraits de nouvelles…

Début de 12 ans, apprenti assassin
Alors que je faisais, en salle info, une recherche sur les jeux olympiques, un site publicitaire apparut et en clignotant, il s’avéra que la publicité en question luttait contre l’enrôlement des enfants dans l’armée. Intéressés par ce sujet, je fis remarquer aux copains qu’on pouvait regarder des vidéos, à condition que Madame Pezé ne nous prennent pas en flagrant délit. C’est au risque d’une bonne réprimande que je cliquai sur « Play » : Fahim Hassam.
Neuf ans se sont écoulés. J’étais dans l’armée du Soudan, une unité constituée d’enfants soldats. Voici comment je fus enrôlé dans l’armée :
Une nuit, je me levai quand j’entendis un bruit en bas ; je descendis et je vis des hommes armés pointant leurs armes sur mes parents…

Extrait de L’arme d’une amitié


[…] Deux mois plus tard, j’étais devenu un enfant soldat ! Pourtant je n’arrivais pas m’habituer à ce que j’étais devenu. Les autres ne m’acceptaient pas en raison de ma couleur de peau et ma famille me manquait énormément.
Seule une personne m’acceptait : Salim. Nous avions fait connaissance pendant des séances d’entrainement de tirs. Il était un garçon de quinze ans, orphelin, ses parents avaient été tués par des soldats.
Un jour ; nous étions de patrouille. Je discutais avec Salim quand tout à coup, j’entendis des bruits, comme des coups de feu. Salim me poussa et commença à tirer à tirer lui aussi.
Les balles fusèrent et certains enfants tombèrent à terre […]

Extrait de Opération Walkyrie II

[…]J’escaladai ensuite le toit où un sniper surveillait le camp. Je me cachais derrière un bloc de béton et à son passage lui brisai la nuque. Je lui dérobai ensuite ses fléchettes paralysantes. J’en envoyai une dans la tête d’un taliban dans son pick-up, prêt à quitter le camp, puis je sautai à la place du conducteur, je l’embarquai avec moi pour ne pas alerter les talibans. Je m’arrêtai à une centaine de mètres du camp américain et finis le chemin à pieds. Heureusement que j’arrivai car le camp était presque vide. Seuls étaient présents une escouade de soldats et des blessés. J’allai donc dans la tente de John où il se trouvait en convalescence…

Extrait de Je veux être libre !


[…]Nooria s’enfonça dans les ruelles obscures et désolées. La mère n’entendait que le souffle léger de son fils. L’atmosphère était lourde et pesante, comme le calme après la tempête. La jeune femme trouva enfin un refuge après plusieurs heures d’errance. Elle posa son bébé sur le grabat situé dans un coin de la pièce. Le taudis suintait l’humidité. Il était sombre et dégageait une odeur pestilentielle, dû à la moisissure qui recouvrait la totalité de la pièce. Des rongeurs entraient par les nombreuses fissures de la bâtisse en ruine. On ne distinguait que leurs minuscules yeux rouges qui luisaient dans l’obscurité. Nooria frissonna. Elle devait trouver une solution pour survivre. Vite. Il fallait que Karim quitte ce pays de misère et de désolation. Tel était la dernière volonté de Mohamed. « Mais comment faire avec les talibans à nos trousses ? »
Elle court, serre son fils contre son cœur. Il pleure. PAN ! PAN ! Des bruits résonnent à ses oreilles. Des balles fusent dans tous les sens. Nooria entend tout. Les cris, les pleurs, les sanglots, le souffle de ses poursuivants tout près d’elle. Son cœur tambourine à toute vitesse. Dans sa course, trébuche. Se relève. Retombe. Son genou saigne…

Toutes les fins sont source d’ESPOIR…


titre documents joints

5 février 2012
info document : PDF
1.4 Mo







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